DEUS' et pourquoi pas DIEU tant qu'on y est ? Margaux attise le feu de la peur et de l'ignorance en osant s'afficher avec un nom pareil. Pourquoi le nom DEUS (Dieu en latin) serait-il interdit d'usage ? Pourquoi évoquerait-il tant l'intouchable ? Pourquoi serait-elle (ça n'a pas encore franchement été le cas) condamnable aux yeux des hommes pour porter un tel nom ? Dieu, lui-même, va-t-il la punir de cette audace ? Ou ne serait-ce pas plutôt ses semblables pétris de jugement et de peur qui lui jetteront au troisième millénaire la première pierre ?
Non, il ne s'agit pas ici d'ésotérisme ni de divagation schizophrénique, il est plutôt question de réalisme et de libération. Et surtout de courage.
Les religions et les dieux multi-facettes, modulables et flexibles au bon gré des intérêts des 'puissants', ces pauvres dieux idolatrés, 'iconifiés' et vénérés comme des patriarches normatifs, comme des images d'Epinal qu'on épingle au-dessus de nos lits, ce sont ces représentations fantasmées qui régissent en grande partie nos vies aujourd'hui. C'est comme croire au Père Noël. Ca a bien sa valeur et son sens dans un contexte précis mais, réveillons-nous, avons-nous toujours besoin de nous créer des images de père vengeur pour devenir bon, bienveillant et aimant ? Voulons-nous tous encore rester infantiles ?
Il semblerait même que l'effet 'pacificateur' et 'prosélytique' des prédications qui auraient tant 'sauvé' l'humanité de la débauche se soit fortement affaibli voire terni et modifié au point qu'il agirait en sens contraire. Jamais nos sociétés n'ont connu autant d'extrêmismes à tous les niveaux et ce ne sont plus les cloches qui sonnent et qui retentissent au nom de Dieu mais les bombes !
Alors, ouvrons les yeux ! Libérons-nous de nos chaines ridicules et grandissons ! Ne sommes-nous pas aujourd'hui capables de faire le bien, d'établir l'égalité et la fraternité en levant toute forme de barrière morale et surtout celle illusoire de la religion ?
Biensûr, nous avons besoin de croire en quelque chose face à l'immensité d'un univers insondable et d'un avenir peu maitrisable qui nous effraie tant. Mais 'croire' est le verbe de la peur. 'Voir' demeure le verbe de la Vie dans sa réalité la plus ultime. C'est la foi que nous avons besoin de trouver mais pas une foi en quelques créatures extérieures à nous que nous vénérerions et craindrions. Non, trouver la foi en nous. Et nous sommes la Vie ! Rien de meilleur ne peut nous arriver sans que nous n'apprenions à nous connaître et nous reconnaître en tant que vivants périssables mais aussi créateurs de Vie ! Ne sommes-nous pas partie intégrante d'une vie universelle qui nous embrasse et nous porte ? Ne sommes-nous pas tous intimement liés par la Vie qui fait de nous tous des vivants dans un environnant vivant ?
Le vivant (la vie) est régie par des lois naturelles, interactives dont nous ne pouvons plus nous exclure et c'est uniquement cela que nous devons respecter et craindre, et non plus des dieux vengeurs imaginés. Tant que nous sommes en Vie, nous sommes consciences, nul ne peut le nier, et nous nous mouvons dans une conscience encore plus grande qui est la nature qui vit, évolue et prend forme à travers les multitudes d'espèces végétales et animales, à travers le cosmos...
C'est cette foi-là qu'il nous faut retrouver, la foi en la vie en nous et autour de nous. Cessons de porter notre regard et attribuer notre salut à une force extérieure mais tournons-nous vers cette force de vie que nous portons en nous. Mettons à jour nos capacités de vie, rendons-nous davantage mettre de nos actes et de notre destin plutôt que de subir dans un hypothétique fatalisme ce qui nous arrive. Agissons en donnant du sens ! Et le sens n'apparaît que dans l'observation et le respect de cette Vie qui nous relie tous, quelques soient nos histoires, nos cultures, nos origines.
La Vie est ce que nous avons de plus précieux, elle est notre première responsabilité.
La Vie est Conscience, elle porte déjà dans chaque cellule, chaque germe, chaque fruit un vivant en devenir. La Vie est créatrice et cette dimension de création pourrait être nommée 'divine'. C'est en cela et uniquement dans ce sens-là que nous pourrions être appelés 'divins'. Nous sommes tous des DEI égaux, créateurs de vie, portés et régis par la vie et ses lois. Alors pourquoi pas s'appeler DEUS ? Et ramener une fois pour toute le divin là où il appartient ! Nous sommes en Dieu (dans la conscience de la nature, dans la vie) et Dieu est en nous (nous sommes porteurs de vie, de conscience !).
L'homme qui se connaît, connaît ses forces et ses limites et a donné un sens à son existence, jamais n'utilisera ses capacités de vie pour son propre pouvoir au détriment de ceux qui l'entourent car il aura compris que sa vie est intimement liée à celle de l'autre.
Seuls ceux qui s'arrêtent aux apparences du monde ne verront dans ce jeu de mot un peu provocateur 'DEUS' (qui n'a que pour but d'éveiller le lecteur et le faire se questionner) un danger mégalomane.
L'important restant ici (non pas l'image que l'on peut donner de soi à travers un mot, une apparence ou un nom tel que DEUS ou encore l'énumération stupéfiante des jugements hâtifs et pleins de haine qui pourraient en découler) de découvrir, comprendre les lois qui nous régissent en tant que vivants et respecter cette Vie qui nous nourrit plutôt que de nous déposséder de toute responsabilité en attribuant nos destins à quelque dieu mystérieux.
Margaux DEUS !